Mardi 15 juillet 2008

14 juillet

 


Petit écoute,
  

Vient de la route,

Le bruit des bottes.

 

Cuirs en cadence,

Des pas qui dansent,

Sur le bitume, sans fausses notes.

 

C’est la parade du régiment,

Un troupeau d’hommes tous élégants,

La sueur au front sous le  soleil caniculaire.

 

Ornés d’insignes et de médailles,

Souvenirs précieux d’une grande bataille,

Prix esthétiques, monde pathétique, tourne à l’envers.

 

L’asphalte vibre sous le fracas des godillots,

Rythme binaire sur cette artère, esprits dociles mis au repos.

Ames égarées, l’arme au coté, pensées perdues dans cette rue.

 

En première ligne du cortège sont exhibées,

Les trois couleurs de la nation, ultimes emblèmes de leur fierté.

Puis du clairon résonne le son d’un chant cynique et bien connu.

 

La foule en liesse reprend en chœur,

L’hommage au sang des champs d’honneur,

Allons enfants, suivez la voie, devenez soldats!

 

Champs Elysée, splendeur amer,

Insolent paradis des marches militaires,

Avenue devenue, l’éden d’un jour, pour l’apparat.

 

Soulagement, voila la fin!

Du défilé de fiers pantins,

L’image des bottes s’est dissipée.

 

Petit écoute,

Fuis cette route,

Construits la paix.

par yann publié dans : poèmes communauté : Poésies entre amis
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Vendredi 30 mai 2008

Tourne la vie

 

 

Je me lève le matin,  un peu  par habitude

Je bois mon café tiède dans cette salle presque vide

J’entends encore les rires de Madeleine et Gertrude

Dans les bals du samedi quand on était sans rides.

 

Je bois mon café tiède dans cette salle presque vide

Je repense à ces filles, à ces  rencontres  folles

Je repense à ma vie,  aux plaisirs trop rapides

Me nourrissant d’images de sexe et puis d’alcool.

 

J’entends encore les rires de Madeleine et Gertrude

Sur les valses endiablées quand nous nous enlacions

Nos corps exercés  avaient pris l’habitude

De tourner dans la nuit comme  un grand  papillon.

 

Dans les bals du samedi quand on était sans rides

Quand au petit matin, la fatigue nous fuyait

Ma langue se promenait sur leurs lèvres  humides

Le temps d’un doux refrain et d’un dernier couplet.

 

Mais aujourd’hui…

 

Je suis un petit vieux que tout le monde élude,

Mes amantes sont mortes depuis plusieurs printemps,

Je n’ai plus de nouvelles de mes très chers enfants,

Je vis dans une maison un peu par habitude…

par yann publié dans : poèmes communauté : Poésies entre amis
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Dimanche 11 mai 2008

Le rocher

 


Je
promène mon cœur le long de l’océan,

Le visage assailli par la pluie et le vent.

Le fracas des rouleaux sur la plage désertée,

Résonne dans ma tête avec intensité.

 

Errant sans but précis, mon esprit vagabonde,

Résiste avec furie à la peine qui l’inonde.

Il tente d’évacuer les souffrances de ma vie,

Si fidèle inconscient, artisan de l’oubli.

 

Au large se dessinent l’immensité des flots,

Qui ondulent et se creusent effrayant les oiseaux.

Qui osent survoler cette masse  furieuse,

Au risque d’abîmer leurs ailes si précieuses.

 

J’aperçois un îlot, modeste amas de roche,

En lutte avec les vagues, de lui je me sens proche.

Les tourments qui l’entourent sont comparables aux miens,

A demi-submergé, mon combat est le sien.

 

 Les lames aquatiques agressent sa peau de pierre,

Des larmes mécaniques viennent voiler mes paupières.

Inébranlable et fort, il fait face aux assauts,

J’admire sa puissance, je l’imiterai bientôt.

 

Soudain…

 

La lumière d’un phare éclaire le rivage,

Illumine mon esprit et tout le paysage.

Rassurante lueur, délicate espérance,

Qui éloigne les blessures de mon âme en errance.

 

Malgré la tempête qui semble redoubler,

Et malgré le tumulte des eaux déchaînées,

Serein, presque apaisé, je chasse mes démons,

Je me sens plus léger, je revis pour de bon.

 

Il faut savoir accepter les orages de la vie,

Ne pas se retrancher derrière son dépit,

Goûter sans retenu à la force du rocher,

Attendre que vienne sa flamme et puis la voir briller…

 

 

 

 

 

 

 
 

 

 

par yann publié dans : poèmes communauté : Poésies entre amis
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Lundi 28 avril 2008

A la dérive

 

 

Je vois danser les femmes des maris trop absents,

Sur la piste aux étoiles des samedis récurrents.

La lumière qui  inonde,

Leur fortune inféconde,

N’est qu’un timide éclat,

L’image d’un faux-semblant…

 

Je vois souffrir les hommes des épouses frivoles,

Le regard dévasté par la peine et l’alcool.

Les vapeurs qui s’exhalent,

Des élixirs fatals

Sont de piètres remèdes

 A leur colère folle…

 

J’entends crier les cœurs des âmes à l’abandon,

Aussi fortes que les basses qui saturent le son.

Les mélodies emportent,

Leurs évidences mortes,

Sur les chemins qui mènent,

Jusqu’à la déraison…

 

J’entends rugir les lions repus de leurs conquêtes,

Comme des cris diaboliques résonnant dans ma tête.

Leurs allégresses occultent,

Un océan d’insultes,

Qui noie les innocentes,

Sous des promesses muettes…

 

Je sens monter l’angoisse aux marges de mon cœur,

Une lassitude oblique qui glace mon humeur.

Mon désarroi reflète,

Ces existences désuètes,

Dans le miroir obscur,

   D’un  destin ravageur …

 

par yann publié dans : poèmes communauté : Poésies entre amis
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Mercredi 23 avril 2008

Renaissance

 

 

Plongé dans l’océan éthéré d’une incongrue tristesse,

Psalmodiant quelques mots traduisant ta faiblesse,

Tu espères en secret que la brume se lève,

Cet opaque brouillard qui la nuit voile tes rêves…

 

Réduit au néant d’un souffle silencieux,

Qui glace tous tes sens et fait pleurer tes yeux,

Au milieu d’un désert immense et accablant,

Tu subis les offenses comme un arbre face au vent.

 

Ta solitude est un poison qui nourrit ton malheur,

Une flèche aiguisée qui transperce ton cœur,

Tu résistes à l’usure, tu luttes et tu t’ériges,

Mais tu saignes des blessures que le destin t’afflige.

 

Pourtant…

 

Plongé dans une mer de doutes, tu refuses la noyade,

Tu quittes soudain la voie qui mène aux esplanades

Des échecs récurrents qui ont gâché ta vie,

Pour rallumer la flamme qui traduit tes envies.

 

Porté par ces courants aux effluves harmonieux,

Tu flottes sur l’espoir d’un avenir merveilleux,

Ton étoile scintille des feux du renouveau,

Eclairant ton visage, sublimant ton Ego.

 

 Je te vois qui avance sur ce fragile esquif !

Tu vogues entre les vagues et évites les récifs,

La proue de ta chaloupe résiste à tous les vents

La tempête tout autour s’éloigne à cet instant…

 

Et te voilà sauvé, tu goûtes à ce bonheur

Que tu croyais perdu et l’injuste faveur,

Des nantis de la chance, des possédants de joie

Sans savoir qu’un jour il s’offrirait à toi…

par yann publié dans : poèmes communauté : Poésies entre amis
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Mardi 22 avril 2008

Les Tragédiens

 

 

  « Toc » frappe  le premier coup du brigadier.

La pièce de ce  soir  va bientôt commencer.

Le public impatient est venu très nombreux,

A cette représentation, les visages sont radieux.

 

« Toc » résonne une  nouvelle fois  le bâton.

L’attente se teinte d’une tangible tension.

Les comédiens ont peur et redoutent  l’accident.

Les témoins dans la salle ont le même sentiment.

 

« Toc » retentit  enfin l’ultime percussion.

Le rideau s’entrouvre, bel instant d’émotion !

La scène apparaît et révèle les décors.

L’auditoire  applaudit à ce  premier temps fort.

 

Puis un homme élégant pénètre  sur les planches.

Suivi par une  femme au subtil tour de hanche.

Lui, en amant pressé voudrait bien la séduire.

 Elle, ne veut  pas l’aimer et  aimerait plutôt fuir!

 

Il lui joue  la tirade du héros amoureux.

Mais elle n’est pas de celles qu’un beau discours émeut.

L’assistance est conquise car elle s’identifie,

A cette histoire exquise reflétant bien  la vie.

 

Débute  alors ici le monologue infernal,

La complainte d’un être  dont le coeur s’affale.

Envahi  par le doute et par la déraison,

Il est désespéré, victime de sa passion.

 

Sa muse  le dévisage  plein de condescendance

Le  regard impassible, elle rejette ses avances !

Dans la foule accablée par ce cruel  drame

Certains ont bien compris et échappent une larme.

 

C’est la fin du spectacle,  l’histoire est terminée.

De cette tragédie tous sont enfin délivrés.

Les acteurs, le public communient et oublient,

Ce triste instantané du  théâtre de la Vie…

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Lundi 21 avril 2008


Sélénite



J’ai
accroché mes  rêves à un morceau de lune

Comme des perles dorées sur un anneau d’argent

Qui au doigt du destin guidera ma fortune

Sur les routes sinueuses où j’avance lentement.


J’ai scellé mes espoirs aux puissantes parois

De ce disque nacré, complice de mes nuits

Ces trésors accrochés sont les preuves de ma foi

En la lutte incessante pour l’Amour et la Vie.

 

J’ai lié mes illusions à l’illustre astre mort

Un grand vent d’euphorie dans un désert de rien

Qui malgré  les ténèbres illumine mon sort

En éclairant les plaines de mon cœur incertain.

 

J’ai livré tous mes songes à cette balle ronde

Cette intime confidente à qui je peux tout dire

Qui voyage sans cesse et fait le tour du monde

Sans pour autant trahir mes fantasmes, mes désirs.

 

La lune est un  soleil qui brille au crépuscule

Préservant  mon sommeil des images assombries

En quartier, à-demi, bien pleine ou minuscule

    Elle est marquée du sceau des mes rêves infinis…

par yann publié dans : poèmes communauté : Poésies entre amis
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Jeudi 10 avril 2008

 

 
« Plus vite, plus haut, plus fort... »

 

Saut en hauteur…mais pensée de bas étage

Saut en longueur mais aucune d’avance

Triple sauts pour éviter l’orage

Saut à la perche…tendue …sans espérance

Art martial, dans les cours de prison

Sport en salle et omni-confusion.

 

Concours de plongeon, retour au moyen âge…

Course contre la montre mais le temps est bloqué

Cinquante mètre papillon, qui ne peut plus voler…

Cent mètres haies…d’honneur pour les officiers

Relais quatre fois « sang » qui s’écoule des plaies

Médaille distribuées, l’or à Pékin, et les bonzes au Tibet…

 

Lancer du disque…crimination

Lancer de poids …deux mesures

Lancer du marteau... ami de  la faucille…

Lancer de jave-l’eau ….qui nettoie les rues de Lhassa

Je déclare ouverts pour les esprits fermés

Les jeux du déshonneur et des droits abusés…

par yann publié dans : poèmes communauté : Poésies entre amis
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Lundi 7 avril 2008





Cages à poules

Cages à poules au  pays du coq,

Où l’avenir se coule dans un métal en toc.

Cages à poules au pays du droit,

Où la promesse d’espoir est une parole en bois.

 

De Sarcelles à Ivry, en passant par Gonesse,

Quand la misère s’étale en barres de détresses,

De Suresnes à Clichy, Paris est une citée,

Entourée de remparts en béton délavé.

 

Cages à poules au  pays du coq,

Les illusions s’écroulent et les esprits suffoquent.

Cages à poules au pays du droit,

La haine se dessine sur leurs tristes parois.

 

Ces tours alignées sont autant de totems,

A la gloire éphémère d’une urbanité blême.

La  folle course aux étages me donne le vertige,

La nausée des hauteurs et mon cœur qui se fige.

 

Cages à poules au  pays du coq

Les illusions s’écroulent mais tout le monde s’en moque,

Cages à poules au pays du droit

La ville lumière rayonne sur un enfer froid...

 

par Yann publié dans : poèmes communauté : Poésies entre amis
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Jeudi 3 avril 2008

 

Chacun  a le droit à son histoire d’Amour,

On a tous des rêves et des envies un jour,

Le bonheur en doux refrain de nos désirs,

En  Leitmotiv chantant du Royaume des plaisirs.

 

Chaque homme a son étoile qui brille,

Sa lanterne cachée qui dans l’ombre scintille,

Un faisceau lumineux dans la brume et le  noir,

Eclairant les rivages de l’indicible Espoir.

 

Qui n’a pas rêvé  de pouvoir  conquérir,

L’étoile subreptice  qui éclaire son avenir.

Qui n’a pas une nuit éprouver le besoin,

De combattre le feu qui consume son destin ?

 

Quand une étoile naît, elle est là pour toujours,

Elle ne craint ni le temps ni l’égrainement des jours,

Rayonnante et superbe dans les cieux éternels,

             Elle confère aux souvenirs un éclat perpétuel.

 

Elle éclaire et égaie les sinistres rivières,

 les méandres sinueux et les ombres austères,

  Elle balaie  avec force  les démons destructeurs,

Au delà des abîmes et des grandes  profondeurs.

 

Le temps est venu de faire le grand voyage,

De conquérir l’étoile et son proche entourage,

 S’enivrer de puissance et d’Amour absolu,

De goûter au parfum des saveurs défendues…

par Yann publié dans : poèmes communauté : Poésies entre amis
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